Les ventes explosent (+25%), mais la composition et le dosage restent déterminants. Analyse d’un phénomène qui bouscule les codes de la tartine française.
Le beurre de cacahuète s’impose. Les chiffres parlent : +25% de ventes. La dynamique s’explique par un double mouvement. Les pâtes à tartiner chocolatées perdent du terrain. Les fruits à coque gagnent en légitimité nutritionnelle. Le produit investit les tartines du petit-déjeuner, mais aussi les recettes exotiques sucrées-salées.
100% cacahuètes : la seule formule valable
La recette de référence ne comporte qu’un ingrédient : des arachides torréfiées puis mixées. L’huile naturelle de la graine suffit à obtenir la texture « beurrée ». Certaines marques jouent sur le grain, lisse ou avec morceaux.
Techniquement, l’arachide ne nécessite ni conservateur ni agent de texture. Pourtant, les rayons regorgent de versions enrichies en émulsifiants, graisses végétales (colza, tournesol, coton), sel et sucres ajoutés. À éviter systématiquement. Conservation : six mois après ouverture, hors réfrigérateur pour maintenir la souplesse.
Un profil nutritionnel solide, avec nuances
Protéines : 20 à 30%, le taux le plus élevé des fruits à coque. Supérieur aux lentilles ou pois. Digestion facilitée, mais qualité moyenne due au déficit en thréonine, lysine et méthionine.
Fibres : 6 à 8g/100g.
Micronutriments : vitamines E, B3, B9, magnésium, phosphore, zinc, cuivre. Jean-Michel Lecerf, directeur du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, souligne l’absence de sel naturel.
Lipides : du bon et du moins bon
Les études épidémiologiques associent 30g quotidiens de fruits à coque à une réduction du risque cardiovasculaire. Corrélation, pas causalité établie.
Le profil lipidique :
- Oméga-9 (acide oléique) : 25g/100g. Effet sur la régulation glycémique.
- Oméga-6 (acide linoléique) : proportion moindre.
- Acides gras saturés : ~10% (stéarique, palmitique). Problématique quand les recommandations sanitaires fixent le seuil à 8% de l’apport total.
Densité calorique : la contrainte majeure
600 kcal/100g. Plus dense que les pâtes chocolat-noisette. La portion s’impose : 20g/jour maximum, soit trois cuillères à café. Le produit ne tolère aucune consommation « à la cuillère ».
Allergie : risque grave pour 1% des Européens
L’arachide déclenche des réactions allergiques chez environ 1% de la population européenne, majoritairement des enfants. Les manifestations peuvent atteindre le choc anaphylactique ou l’œdème de Quincke.
Guide d’achat : étiquette et prix
Critère absolu : composition 100% cacahuètes.
Fourchette de prix : 10-14€/kg pour les références sans additif.
Piège : contenances variables (320, 340, 350g) compliquant la comparaison directe.
Contexte : la cacahuète reste le fruit à coque le plus accessible, loin devant amandes, noix et noisettes.