Des chercheurs de l’Inserm mettent en cause plusieurs additifs présents dans les aliments transformés.
Deux études publiées le 8 janvier s’appuient sur les données de 100 000 participants de la cohorte NutriNet-Santé. Elles montrent un lien entre la consommation de conservateurs et un risque accru de diabète de type 2 et de certains cancers
Les substances visées sont courantes. On les retrouve dans les jambons sous vide, les plats préparés, les biscuits industriels. Les nitrites, les sulfites, les sorbates sont utilisés pour ralentir la prolifération bactérienne et allonger la durée de vie des produits. Le nitrite de sodium (E250) et le sorbate de potassium (E202) sont particulièrement pointés.
Un suivi alimentaire très détaillé des participants
Les chercheurs ont analysé l’alimentation réelle des participants, avec un suivi précis des produits consommés, marque par marque. Ils ont isolé l’effet des additifs en neutralisant les autres facteurs de risque : activité physique, antécédents familiaux, qualité nutritionnelle des repas.
Une consommation élevée de conservateurs est associée à une augmentation de 47 % du risque de diabète de type 2. Le nitrite de sodium entraîne une hausse de 32 % du risque de cancer de la prostate. Le nitrate de potassium, les sorbates et les acétates de sodium sont liés à un risque accru de plus de 20 % de développer un cancer du sein.
Des appels à revoir les règles en vigueur
Les additifs sont identifiables sur les emballages, à la différence des aliments ultratransformés, souvent flous. Mais les chercheurs estiment que la responsabilité ne peut pas reposer uniquement sur les consommateurs. Ils demandent une révision des seuils autorisés et n’excluent pas l’interdiction de certaines substances.