« Je mange peu mais je grossis » : le piège du cortisol à la ménopause

05/02/2026

À la ménopause, le cortisol bloque la perte de poids malgré une alimentation réduite. Le corps se met en mode survie.

C’est une plainte récurrente dans les cabinets médicaux : passé 50 ans, la restriction ne paie plus. Pire, elle semble aggraver la situation. La science explique aujourd’hui pourquoi la logique mathématique des calories se heurte, à la ménopause, à une barrière hormonale puissante : le cortisol. En voulant trop bien faire, de nombreuses femmes piègent leur propre métabolisme.

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Du gras « féminin » au gras « viscéral »

La première étape pour reprendre le contrôle est de comprendre que le corps change de logiciel. Tant que les ovaires fonctionnent, les graisses se stockent préférentiellement sur les hanches et les cuisses — un stockage dit gynoïde, réserve d’énergie destinée à la grossesse et l’allaitement, peu nocive pour la santé. À la ménopause, la chute des œstrogènes change la donne : la graisse migre vers l’abdomen. On parle alors d’une redistribution vers la graisse viscérale.

Ce n’est pas anodin : les cellules adipeuses situées profondément dans l’abdomen possèdent une forte densité de récepteurs au cortisol. En d’autres termes, le ventre est biologiquement conçu pour capter le stress.

Pourquoi le régime strict devient l’ennemi

C’est ici que le piège se referme. Pour perdre cette nouvelle « bouée », le réflexe immédiat est de manger moins. Or, les études montrent que la restriction cognitive — le fait de se surveiller et de se priver — et les régimes restrictifs sont perçus par le cerveau comme un stress majeur, stimulant la production de cortisol.

Le cortisol a une fonction précise : faire face à un danger, famine ou prédateur, en élevant le sucre sanguin. S’il est chroniquement élevé à cause du stress du régime, il favorise directement l’accumulation de graisse abdominale tout en bloquant sa perte. Paradoxalement, moins vous mangez, plus vous stressez votre organisme, et plus celui-ci s’accroche à ses réserves viscérales pour « survivre ».

Quand le moteur ralentit

Parallèlement à l’action du cortisol, le métabolisme de base — l’énergie brûlée au repos — diminue. C’est la « thermogenèse adaptative » : face à la disette imposée par un régime, le corps devient économe. Ce phénomène est aggravé par la fonte musculaire, ou sarcopénie, qui s’accélère avec l’âge. 59 % des femmes de plus de 60 ans en souffrent. Le muscle étant l’organe qui consomme le plus d’énergie, sa diminution entraîne mécaniquement une baisse des dépenses caloriques.

Résultat : avec un « moteur » plus petit qui consomme moins, on reprend du poids même en mangeant des quantités qui, autrefois, nous faisaient maigrir.

L’erreur psychologique

Au-delà de la biologie, la psychologie joue un rôle métabolique méconnu. La routine et l’oubli de soi « éteignent » le métabolisme. L’hypothalamus, centre de commande de la faim, est sensible aux émotions. Si une femme se néglige, s’ennuie ou renonce à prendre soin d’elle, le centre de la faim s’active pour compenser. À l’inverse, se reconnecter à soi — porter un vêtement qui plaît, sortir de la routine — agit comme un signal de satiété puissant pour le cerveau, stoppant la fringale émotionnelle.

La stratégie de sortie : nourrir plutôt qu’affamer

Pour briser ce cercle vicieux, il faut changer de stratégie. D’abord, ne pas descendre trop bas : pour éviter de braquer le métabolisme, l’apport ne devrait pas descendre en dessous de 1 400 à 1 600 kcal par jour pour une femme.

Ensuite, protéines et muscles. Pour contrer la sarcopénie, il faut impérativement augmenter l’apport protéique (1 g à 1,2 g par kilo et par jour) et pratiquer un renforcement musculaire. C’est le seul moyen de relancer la dépense énergétique au repos.

La chronobiologie entre également en jeu : manger les aliments énergétiques — gras et sucres — le matin, moment où ils sont le mieux assimilés, et alléger le dîner pour éviter le stockage nocturne.

Enfin, la gestion du stress. Puisque le cortisol fixe le gras sur le ventre, la relaxation, le sommeil et le plaisir ne sont plus des luxes, mais des outils thérapeutiques aussi importants que l’alimentation pour affiner la taille.

À la ménopause, la perte de poids ne se joue plus dans la guerre contre les calories, mais dans la paix signée avec son corps. Moins de stress et plus de bienveillance sont les clés physiologiques pour déverrouiller le stockage abdominal.

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