Le régime cétogène, mieux qu’un régime minceur

14/01/2026

Le régime cétogène séduit au-delà de la perte de poids. Découvrez ses promesses face aux maladies chroniques.

À l’origine, c’était une approche médicale. Aujourd’hui, c’est un phénomène de société. Le régime cétogène – plus connu sous l’acronyme LCHF (Low Carb High Fat) – ne se contente plus de séduire les amateurs de transformation physique rapide. Il avance désormais ses pions sur le terrain de la santé publique, porté par un corpus scientifique ancien, mais redécouvert à l’aune des maladies chroniques modernes.

Une bascule métabolique complète

Le principe est simple, presque brutal : éliminer presque totalement les glucides de l’alimentation. Exit le sucre, le pain, les pâtes, les céréales. En retour, on charge la barque en lipides et en protéines. Privé de glucose, le corps passe en mode alternatif : il puise son énergie dans les graisses. Le foie transforme ces dernières en corps cétoniques, que le cerveau, loin de les rejeter, adopte sans résistance.

Cette stratégie modifie en profondeur le fonctionnement du métabolisme. Elle s’accompagne souvent de l’éviction du gluten et des produits laitiers, et privilégie les aliments bio. Une « alimentation hypotoxique », comme aiment à le souligner ses défenseurs.

Une piste contre les cellules cancéreuses

Mais au-delà du bien-être ou du tour de taille, c’est dans les laboratoires que le régime cétogène commence à faire du bruit. Plusieurs études pointent son efficacité comme adjuvant dans la lutte contre certains cancers. Les cellules malignes raffolent du sucre ; elles peinent en revanche à tirer parti des corps cétoniques. En réduisant l’approvisionnement en glucose, le régime fragilise la tumeur, sans nuire aux cellules saines, mieux équipées pour s’adapter.

Ce levier thérapeutique est particulièrement exploré pour les tumeurs cérébrales. Et ce n’est pas tout. Les effets bénéfiques de ce mode alimentaire sont également étudiés pour l’épilepsie – son indication d’origine –, mais aussi pour Alzheimer, Parkinson, le diabète de type 2, les migraines chroniques et certains troubles du spectre autistique.

Mode d’emploi précis

La bascule ne s’improvise pas. Pour que le régime fonctionne, l’assiette doit être méthodiquement construite. Les protéines proviennent des poissons gras, des viandes, des œufs. Les lipides sont apportés par l’huile d’olive, l’avocat, les noix, avec une place de choix pour l’huile de coco, rapidement transformée en cétones. Côté végétal, priorité aux légumes verts pauvres en glucides : épinards, laitue, endives, kale, bette à carde.

À cela s’ajoutent quelques produits plus marginaux mais prisés : beurre de cacao, graines de chia, miso, cacao cru, tofu fermenté. À l’inverse, les interdits sont stricts : féculents, sucre raffiné, pâtisseries, sodas. Pour les irréductibles des pâtes, il reste le konjac. Pour les fruits, seules les baies rouges sont tolérées, en quantité limitée.

Entre promesse et contrainte

L’un des avantages mis en avant par les adeptes est la satiété rapide, induite par la forte densité énergétique des repas. De quoi limiter les fringales, donc les apports caloriques, sans sentiment de privation permanent.

Mais ce modèle alimentaire n’est pas sans heurts. La phase de transition peut s’accompagner d’effets secondaires – fatigue, maux de tête – le temps que l’organisme s’adapte à sa nouvelle source d’énergie. Et sur le long terme, la restriction alimentaire peut peser sur la vie sociale et réduire la diversité culinaire.

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