Les dangers des régimes

Dukan, Fricker, Atkins, Cohen, Weight Watchers, Montignac, Mayo ou encore soupe au chou… qui n’a jamais entendu parler de ces régimes amaigrissants ? Souvent leur nom provient du patronyme de leur inventeur et tous ont le point commun de vous promettre d’obtenir la silhouette de vos rêves ! Quels sont les types des régimes amincissants ? En quoi sont-ils dangereux ? Comment perdre du poids durablement? Découvrez-en plus sur les pratiques alimentaires d’amaigrissement…

Les dangers des régimes

Zoom sur les principaux régimes alimentaires

Certains régimes sont hyperprotéiques : les aliments à consommer sont ceux riches en protéines animales (viande, poisson, œuf) et/ou végétales (fruits et légumes) en quantités importantes. Les premiers désagréments sont une mauvaise haleine, des maux de tête et une constipation.
D’autres régimes sont hyperlipidiques ou hyperglucidiques : les aliments sélectionnés sont des aliments gras ou des aliments sucrés. Ces régimes conduisent indéniablement à des carences et peuvent, sur le long terme, accentuer le risque de maladies cardiovasculaires.

Les régimes sont en général construits en 3 phases : la phase d’amaigrissement pendant laquelle la personne maigrit (1), la phase de stabilisation vouée, comme son nom l’indique, à stabiliser le poids (2) et la phase de retour à une alimentation « normale » (3). C’est au cours de cette dernière phase que les personnes astreintes au régime reprennent du poids, parfois plus que ce qu’elles ont perdu !

Quels sont les dangers des régimes ?

La plupart des régimes consistent à supprimer une ou plusieurs catégories d’aliments parmi les fruits et légumes, les viandes-œufs-poissons, les produits laitiers, les féculents-céréales-pains, les matières grasses ou les produits sucrés.

Ces suppressions d’aliments ont plusieurs conséquences :

• Un déséquilibre nutritionnel : les régimes apportent soit trop soit trop peu de certains nutriments (protéines, glucides, lipides ou fibres) par rapport aux Apports Nutritionnels Conseillés. Par jour, une femme pratiquant une activité physique régulière doit consommer entre 1800 et 2000 kcal. Sachez que certains régimes apportent par jour 574 kcal alors que d’autres apportent jusqu’à 2600 kcal ! Ces derniers peuvent conduire à une prise de poids… ce qui est l’inverse de l’effet recherché !
• Une insuffisance ou un excès de vitamines et minéraux : les régimes hypocaloriques entraînent généralement des carences en vitamines et en certains minéraux tels que le fer et le magnésium. Ces carences provoquent un état de fatigue, une irritabilité, des troubles digestifs, des troubles du sommeil… A l’inverse, les régimes hypercaloriques peuvent apporter trop de vitamines et minéraux. Ils deviennent alors responsables de troubles digestifs, diarrhées, nausées, troubles hépatiques… Point trop n’en faut !
• Un risque pour le capital osseux : les régimes restreignant la consommation de matières grasses ou de produits laitiers sont généralement responsables d’une baisse du capital osseux. Ainsi, les os et les dents sont plus fragiles, ils se cassent plus facilement. Ces risques sont d’autant plus élevés chez les personnes de plus de 50 ans et les femmes ménopausées.
• Une modification profonde du métabolisme énergétique qui conduit à une reprise de poids à l’arrêt du régime. Et cette prise de poids est généralement supérieure au poids perdu !
• Un risque de maladie cardiovasculaire accru notamment pour les régimes proposant la consommation de sucres ou de graisses en trop faibles ou en trop grandes quantités.
• Une constipation, principalement pour les régimes pauvres en fibres.
• Un effet négatif sur le moral : même si les premiers jours de régime et les premiers kilos perdus ont souvent un effet positif sur le moral, sachez qu’à moyen et long terme la tendance est inversée. Les kilos sont plus difficiles à perdre ou sont repris, ce qui provoque un sentiment de culpabilité !
A noter que les régimes sont le plus souvent inutiles ! En effet, ils ne sont nécessaires que pour les personnes en situation d’obésité (indice de masse corporelle supérieur à 30 kg/m²) et doivent être réalisés sous contrôle médical.

Actuellement, trop de personnes encore font des régimes alors qu’elles sont minces ou maigres. Selon l’enquête INCA2 (Consommation alimentaire des Français 2006-2007), 30% des femmes ayant un indice de masse corporelle normal et 15% des femmes minces (IMC <22) ont suivi un régime amaigrissant dans les 12 derniers mois !

Maigrir sans regrossir

Tout le monde ne maigrit pas de la même façon, ni avec les mêmes moyens, ni avec la même facilité. Mais l'important n'est pas tant de perdre du poids que de ne pas en reprendre…Les femmes, plus souvent candidates à l'amaigrissement que les hommes, deviennent-elles plus raisonnables ? Commencent-elles à comprendre les méfaits des régimes drastiques et à répétition ? Oui, si l'on en croit un récent sondage Ipsos-Contrex auprès de mille femmes de 18 à 65 ans. Si près de trois sur quatre disent avoir été « un jour préoccupées par leur poids » et si plus de huit sur dix déclarent « faire attention à leur ligne », la notion de régime stricto sensu est de moins en moins répandue.

63% des femmes se plaignent de l'effet yo-yo

Bien que toujours plébiscités, les régimes ont maintenant mauvaise réputation : 48 % les associent à des émotions fortement négatives, fatigue (19 %), irritabilité (14 %), culpabilité (10 %) ; 70 % les trouvent ennuyeux et 63 % ont constaté leur effet Yo-yo. Les femmes ont aussi conscience, à 94 %, que le sport est une méthode efficace… mais 41 % admettent ne pas réussir à tenir cette résolution.

Finis les régimes miracles ?

Aujourd'hui, les diététiciens nutritionnistes insistent sur la nécessité d'une prise en charge complète, avec de l'activité physique, prenant en compte le couple et la famille. « La notion de régime miracle, c'est fini et les patients ont des objectifs un peu plus sensées.
Il est vrai que, selon le Centre d'information de la diététique minceur, le nombre de Français suivant un régime déséquilibré, Dukan en tête, a diminué, 30 % contre 36 % en 2011. Bonne nouvelle  ! Par ailleurs, le deuxième Baromètre TNS-Sofrès sur les aliments diététiques minceur indique que ceux-ci sont consommés davantage occasionnellement et associés à des aliments courants, pour contrôler plus facilement le nombre de calories et/ou éviter des carences nutritionnelles, que comme seul moyen de faire un régime. C'est ce que conseille le pharmacien.

Maintenir son poids
Le plus difficile est de ne pas reprendre du poids. Le Dr Lecerf donne quelques conseils.

• Un apport suffisant de protéines pour un bon rassasiement, 80 à 100 g/jour.
• Un apport élevé en fibres alimentaires variées pour ralentir la vidange gastrique, favoriser une microflore intestinale adéquate, accroître la satiété.
• Boire beaucoup d'eau pour la santé, le rassasiement et pour éliminer.
• Consommer du poisson, riche en oméga 3, pour diminuer le risque cardiovasculaire inhérent aux personnes en surpoids ou obèses.
• Reprendre une activité physique pour augmenter les dépenses énergétiques et refaire des muscles.

Pour aller plus loin :