Le jeûne intermittent, ça marche vraiment ?

10/02/2026

Pratiqué par des millions de personnes, le jeûne intermittent est-il aussi bénéfique qu’on le prétend ?

Le jeûne intermittent connaît un engouement croissant, largement alimenté par les figures médiatiques des réseaux sociaux. Ces dernières, souvent spécialisées dans la santé, le sport ou le bien-être, diffusent des messages simplifiés et péremptoires. L’esthétique des publications — tenues de sport ajustées ou torses nus — renforce un message implicite : « Si tu veux ce corps, fais comme moi. »

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Le principe du jeûne intermittent

Le jeûne intermittent ne repose ni sur la quantité ni sur la qualité des aliments, mais sur une alternance entre périodes d’ingestion et périodes de jeûne. Durant le jeûne, seuls l’eau, les infusions, le café ou l’eau gazeuse sans calories sont autorisés. Toute substance calorique, comme le café au beurre, interrompt le jeûne.

Les deux formes les plus répandues sont : sauter le petit-déjeuner ou sauter le dîner. Il est recommandé que les repas soient composés d’aliments de bonne qualité nutritionnelle. Cette pratique peut être quotidienne ou effectuée un jour sur deux, de préférence les jours les plus chargés pour éviter les tentations alimentaires.

Les effets du jeûne sur l’organisme

Au début du jeûne, l’organisme utilise le glycogène stocké dans le foie. Ensuite, il puise dans les réserves de graisses pour produire de l’énergie. Certains travaux scientifiques suggèrent une amélioration de plusieurs paramètres : sensibilité à l’insuline, profil lipidique, pression artérielle, production de mélatonine, niveau de cortisol et régulation de la température corporelle. Ces bénéfices potentiels ont conduit à envisager le jeûne comme outil complémentaire pour certaines maladies métaboliques, cardiovasculaires, voire dans le cadre du cancer. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il soit adapté à tout le monde.

Risques et contre-indications

Le jeûne intermittent peut entraîner des effets négatifs chez les personnes ayant une relation troublée avec l’alimentation. Chez celles qui ressentent de la culpabilité en mangeant ou pensent constamment à la nourriture, le jeûne peut accentuer l’anxiété et favoriser les compulsions alimentaires. Il est également déconseillé aux personnes souffrant ou ayant souffert de troubles du comportement alimentaire, aux diabétiques et aux femmes enceintes.

Ce que disent les données scientifiques

Le projet Nutrimedia, mené par le Centre Cochrane ibéro-américain et l’Université Pompeu Fabra, a analysé la fiabilité de nombreuses affirmations liées au jeûne. Selon le chercheur David Rigau, la perte de poids observée s’explique essentiellement par la réduction de la fenêtre alimentaire, ce qui diminue automatiquement l’apport calorique. Les résultats sont légèrement meilleurs lorsque les repas sont concentrés entre 7 h et 15 h, comparé aux modèles de jeûne qui incluent le dîner.

Les quatre revues systématiques d’essais cliniques passées en revue ne permettent pas de conclure à un effet significatif du jeûne intermittent sur les infarctus, AVC ou autres événements cardiovasculaires.

Une pratique naturelle pour certains profils

Dans la pratique clinique, les personnes qui supportent bien le jeûne sont souvent celles qui y sont naturellement enclines : celles qui n’ont pas faim au réveil, celles qui travaillent de nuit ou encore celles qui dînent tôt et se couchent rapidement. Pour elles, le jeûne ne représente pas une contrainte mais une habitude spontanée.

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