Nuage, la barbe à papa notée A au Nutri-Score

22/01/2026

Une friandise notée A ? Nuage relève le défi avec une recette inédite et bluffante.

Dans les rayons de Carrefour, un sachet rose fluo de 20 grammes attire l’œil. À l’intérieur, une barbe à papa, mais sans sucre, et notée Nutri-Score A. Le produit s’appelle Nuage, il est fabriqué par Re.Snack, une startup fondée à Dijon en 2023. L’objectif : atteindre 7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Une friandise qui s’invite dans un marché européen de 69 milliards d’euros, en changeant les codes d’un univers ultra-standardisé.

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Un fil de sucre remplacé par une fibre

Re.Snack a misé sur la formulation pour contourner le sucre. En six mois, avec AgroSup Dijon et le cabinet SINOV, la startup met au point Sucr’a, une combinaison d’isomalt et d’inuline. Le résultat donne une texture filamenteuse, sans effet collant. Deux grammes de sucre pour cent grammes de produit, contre 100 % dans la version classique. La barbe à papa devient compatible avec les régimes diabétiques, sans arrière-goût artificiel.

Le produit coche toutes les cases du snacking moderne : fibres, arômes naturels, index glycémique bas. Il s’affiche entre 2,90 et 3,49 euros. Et sur Trustpilot, les premiers clients notent 4,4 sur 5.

Du stand LVMH aux rayons de Leclerc

L’histoire commence ailleurs. Re.Snack s’adresse d’abord aux entreprises, avec un positionnement événementiel. Porsche, LVMH, Meta figurent parmi les clients. Mais le modèle plafonne vite. Trop de contraintes, pas assez de volume. Le pivot vers la grande distribution s’accélère après un prix de l’innovation au SIAL 2024.

Carrefour est le premier à ouvrir. Référencement national en six mois. Intermarché et Leclerc suivent. En décembre 2025, une opération commerciale donne un coup d’accélérateur. Re.Snack passe de 100 à 5 000 points de vente en un an. La grande distribution représente désormais 85 % des ventes, le B2B 10 %, l’e-commerce 5 %.

Un refus de rachat, des ambitions intactes

Pas de levée de fonds majeure. La croissance est autofinancée. Le chiffre d’affaires grimpe de 200 000 euros en 2023 à 2 millions en 2024. L’équipe s’étoffe, de deux à neuf personnes. Deux propositions de rachat sont refusées, dont une venue de Lindt. La ligne est claire : construire une marque, pas devenir un fournisseur invisible.

La technologie se veut évolutive. En février 2026, Re.Snack doit lancer un pop-corn sans sucre ni huile. Même logique, même promesse. L’intelligence artificielle est utilisée pour automatiser les tâches administratives et fluidifier les flux.

Re.Snack entre scène télé et tensions terrain

Le marché du bonbon sans sucre pèse 12,75 milliards de dollars, avec une croissance estimée à 7,5 % par an. Re.Snack prépare des déclinaisons : guimauves, nougats, sucettes. L’international est en ligne de mire : Allemagne, Espagne, Benelux. L’entreprise structure son organisation, recrute, déploie un ERP.

Face à elle, d’autres jeunes pousses : Rebelle Snacks, Elsy, Yacon & Co. Et des défis. La dépendance à la grande distribution pèse. Les délais de paiement mettent la trésorerie sous tension. La montée en charge industrielle reste à maîtriser. Et la copie par des acteurs plus lourds devient un risque identifié.

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