Airfryer : bon ou mauvais pour la santé ?

03/01/2026

Plébiscité pour sa capacité à cuire sans huile, l’Airfryer séduit de plus en plus de foyers. Mais que vaut réellement cet appareil du point de vue nutritionnel ?

L’Airfryer a conquis les cuisines françaises. En 2025, plus de 2,6 millions d’appareils vendus, près d’un foyer sur trois équipé. Le succès est net. À la croisée de la friteuse et du four à chaleur tournante, l’appareil promet le croustillant sans les calories. Une promesse dans l’air du temps. Mais qu’en est-il vraiment ?

Un four déguisé en friteuse

L’Airfryer n’a de friteuse que le nom. Aucun bain d’huile ici. L’engin propulse de l’air chaud – jusqu’à 200 °C – autour des aliments grâce à une résistance et un ventilateur. Le résultat est rapide, uniforme, doré. Techniquement, il s’agit d’un petit four à convection. L’appareil surfe sur une ambiguïté marketing : friteuse sans huile, donc friteuse saine. La formule séduit, surtout dans un pays où l’alimentation reste un sujet sensible.

Selon les nutritionnistes interrogés, l’Airfryer présente un intérêt clair pour les personnes peu à l’aise en cuisine ou dépendantes des plats industriels. Il permet de réduire l’apport en graisses et en calories, tout en favorisant le fait-maison. Moins de matières grasses, c’est aussi moins de lipides oxydés, ces composés formés à haute température dans l’huile et associés à l’obésité viscérale. L’appareil coche certaines cases d’une alimentation un peu plus maîtrisée.

Pas un totem pour les cuisiniers avertis

Mais pour ceux qui mijotent, étouffent ou cuisent vapeur, l’intérêt est plus limité. L’Airfryer chauffe vite et fort, ce qui n’épargne ni les vitamines sensibles, ni certains minéraux, en particulier dans les légumes. Une cuisson vive reste une cuisson agressive. L’appareil ne dégrade pas la qualité nutritionnelle plus qu’un four ou une poêle, mais il n’apporte pas non plus de gain décisif pour ceux qui cuisinent déjà de façon équilibrée.

Acrylamides : un risque maîtrisé, mais présent

Comme tout mode de cuisson à haute température, l’Airfryer génère des acrylamides, produits de la réaction de Maillard. Ces composés, soupçonnés d’être cancérigènes, apparaissent dans les aliments riches en amidon – pommes de terre, pain, pâtisseries industrielles. En la matière, l’Airfryer n’est pas pire que les autres. Il fait mieux qu’une friteuse traditionnelle, mais pas mieux qu’un four bien réglé. Le levier, ici, reste le bon sens : surveiller la cuisson, éviter de carboniser, modérer les températures.

Des progrès côté matériaux

Autre point de vigilance : le revêtement. Les premiers modèles utilisaient du Téflon, ou PTFE, un polymère fluoré aujourd’hui dans le viseur des régulateurs. Certains PFAS, utilisés dans ces revêtements, sont désormais classés comme substances préoccupantes. La loi française a restreint leur usage depuis 2025. Résultat : la plupart des marques ont basculé vers l’inox ou la céramique. Deux matériaux plus sûrs, même si l’un demande un peu de gras (l’inox), et l’autre se montre plus fragile (la céramique).

Un outil, pas une révolution

L’Airfryer répond à un besoin réel : manger plus vite, avec moins de gras. Il apporte une solution technique à une question alimentaire. Il ne transforme pas un régime, il facilite un ajustement. L’enjeu est ailleurs : dans les produits utilisés, les gestes quotidiens, le contenu des assiettes. L’appareil peut accompagner un changement. Il ne le crée pas.

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